Passion Peaky Blinders

Passion Peaky Blinders

Imagine Cillian Murphy en patron de gang impitoyable dans le Birmingham des années 20. La montre à gousset dans le veston en tweed, la gavroche vissée sur la tête, la clope jamais loin de la bouche et un verre de whisky irlandais au petit-déjeuner. Et quand il s’énerve c’est en slow motion sur du Nick Cave. Ça s’appelle Peaky Blinders et tu devrais regarder.

 

Une histoire de gangsters

 

Episode 1

Notre homme campe ici Thomas Shelby, chef de file des Peaky Blinders, et héros de la première guerre. Avec les autres membres du gang, qui ne sont d’autres que ses frères joués par Paul Anderson et Joe Cole (vu dans Skins) et sa tante Polly (Helen Mc Crory), ils font régner la terreur dans le quartier de Small Heath et gèrent une petite entreprise de jeux d’argent.

Plus malin que les autres, Shelby chef veut légaliser et diversifier ses activités mais il doit revoir ses ambitions suite à l’arrivée du Major Campbell joué par Sam Neill (Jurassic Park) (lol), membre de la Royal Irish Constabulary, dépêché de Belfast pour combattre le crime et le vice. En soi, c’est donc une histoire de gangsters et de lutte de pouvoir comme on les aime, avec pour trame de fond l’indépendance de l’Irlande et la révolte ouvrière.

D’entrée de jeu, j’ai annoncé que Cillian Murphy était de la partie. L’acteur irlandais qu’on a découvert dans 28 jours plus tard de Danny Boyle, et adoré dans Le Vent se Lève de Ken Loach, crève l’écran dans Peaky Blinders. Il trouve ici le ton juste pour ce rôle de faux méchant, de la démarche nonchalante à l’accent éclatant des Midlands. Dans la deuxième saison sortie cet automne, il doit faire face à un Tom Hardy (Bronson, Batman) chef de gang made in Camden Town.

Un vrai divertissement

Peaky Blinders

Apparemment, il y a un peu de vrai dans cette histoire puisque les Peaky Blinders ont réellement sévi dans les faubourgs de Birmingham après la guerre. Ils tiraient leurs noms des lames de rasoirs qu’ils glissaient dans leurs casquettes pour aveugler leurs adversaires en leur tailladant le visage. Enfin, même si l’anecdote est vérifiée, la presse britannique s’est suffisamment moquée des approximations historiques et des accents faussement midlands des acteurs, pour remettre Peaky Blinders dans la case fiction.

Peu importe si le réalisme historique n’est pas au rendez-vous comme avec Boardwalk Empire. Il est vrai qu’ici nos gangsters sont bien trop propres pour être vrais, et que les scènes de combat ressemblent plus à des morceaux de ballet qu’à des règlements de comptes sanguinolents. Et puis aussi parfois, les ficelles sont un peu grosses, l’intrigue un peu molle et les personnages manquent un peu d’épaisseur. Ouais OK…. MAIS QUEL SPECTACLE !

On se prend au jeu, et même si on comprend rapidement que Thomas Shelby n’est pas un vrai méchant (c’est la société qui l’a rendu comme ça gros), on n’a quand même envie qu’il botte des culs et qu’il ravisse la belle au méchant flic. On veut le voir arriver avec la bonne astuce au bon moment et prendre tout le monde de court. On est prêt à y croire parce que c’est beau. Et oui la mise en scène est joliment soignée et on garde en tête certains plans particulièrement esthétiques comme la magnifique scène d’ouverture où Thomas Shelby s’enfonce à dos de cheval dans un Chinatown désert au son de Martha’s dream de Nick Cave et Warren Ellis.

Ainsi, après Sherlock et Luther, la BBC confirme qu’elle sait produire des séries de qualité. Pour l’instant, aucune diffusion n’est prévue dans l’hexagone mais je vous l’ai tellement bien vendue que je ne pense pas que ça vous arrêtera pour voir Peaky Blinders par tous les moyens.

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