City Manifesto : les nouveaux penseurs de la ville

City Manifesto : les nouveaux penseurs de la ville

Il y a quelques semaines, Arte Creative mettait en ligne les 8 épisodes de City Manifesto, une captivante websérie réalisée par Mathias Bones. À travers ses 8 focus d’environ 7 minutes, le réalisateur livre un portrait fascinant de ces « hackeurs de villes » qui ont décidé de pratiquer autrement l’espace urbain. Une websérie rythmée qui nous emmène des toits de Paris, aux rues de Berlin en passant par les entrailles de New-York ou de Stockholm à la rencontre des nouveaux penseurs de la ville qui se « réapproprient notre espace citadin mondial, et imaginent le manifeste d’une Cité nouvelle ».

Pour une autre cartographie de la ville

Au cours de ses 8 épisodes, City Manifesto nous donne à voir la ville d’aujourd’hui par le prisme de ceux qui la pratiquent (danseurs, graffeurs, skateurs…), de ceux qui la documentent (à l’image du photographe Sergej Vutuc) ou la théorisent (géographes, philosophes ou urbanistes) avec une idée commune : « dessiner une autre géographie urbaine » (Hugues Bazin, chercheur en sciences sociales, épisode 1) transgressive et résolument différente de celle décidée par les techniciens.

On découvre alors les itinéraires de ces nouveaux penseurs de la ville, qui ont décidé de hacker leur lieu de vie – comprendre : détourner les usages imposés pour se réapproprier l’espace urbain. Parmi les protagonistes de la websérie : des skateurs qui utilisent le mobilier urbain ou les zones en chantier comme supports de leur pratique, des adeptes du parkour, des cyclistes urbains ou des danseurs de Lite Feet.

Parkour ©CityManifesto

S’affranchir des normes

L’objectif ? Faire de la rue un terrain de jeu. Se sentir vivant en flirtant avec le danger. Ou bien tester ses limites. Il peut aussi s’agir de revendiquer sa liberté (Simon Nogueira, freerunner, épisode 2) en détournant un environnement balisé, contrôlé, normé.

Voilà pourquoi enseigner le parkour ou enfermer le skate dans des parcs pour sécuriser ou encadrer leurs pratiques revient en grande partie à vider ces pratiques (subversives par essence) de leur substance et donc de leur intérêt.

Parkour ©CityManifesto

Une réflexion qui s’étend aussi à celle du graffiti : l’omniprésence des systèmes de surveillance, de l’interdit, et du risque est conjointe à la création de contre-espaces animés par l’énergie des cultures alternatives. Faire entrer le street-art au musée relève, dans cette perspective, du non-sens en niant les notions d’illégalité, de fuite et d’appropriation qui motivent nombre de graffeurs.

Efficience vs Serendipité : quel destin pour la ville ?

Le dernier épisode de la websérie interroge quant à lui l’horizon qui se dessine pour la ville. La tendance semble celle de la Smart City, ville toujours plus efficiente, ou la technologie aurait un grand rôle à jouer (via le mobilier intelligent ou le smartphone) en faveur d’une pratique plus fonctionnelle de la ville (Bradley L.Garrett, socio-géographe, épisode 8).

Mais d’autres militent en faveur du hasard, de la découverte fortuite, du charme des errances urbaines. Une philosophie qui est celle des nouveaux aventuriers, fan d’urbex, qui partent à l’assaut des espaces désaffectés sans imaginer les trésors cachés de la ville. À Berlin, l’exploration de la ville ré-active des lieux abandonnés, des bunkers de la seconde guerre mondiale aux galeries oubliées de tags.

Vous l’aurez compris, à travers ces portraits, City Manifesto nous enjoint à repenser la ville et les humains qui l’habitent. Et qui sait, de devenir à votre tour un nouvel aventurier urbain !

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