I love your work Jonathan Harris !

I love your work Jonathan Harris !

Le mois dernier, je suis allée faire un tour du côté de I love Your Work , le dernier projet interactif de Jonathan Harris. Moyennant la somme de 10 dollars, j’ai réservé une place pour partir à la rencontre des ouvrières du porno lesbien américain, le temps d’une journée. Je sais, ça a plutôt l’air sulfureux mais c’est interactif je vous rassure.

Une fois la place réservée,  Jonathan Harris nous invite à passer 24h dans la vie de neuf femmes sur le tournage  de leur prochain film.  Ces femmes, Jincey, Jess, Nic, Ryan, Dylan, Ela, Luna, Dolores & Joy, nous laissent vivre avec elles leur journée type et nous livrent leurs impressions sur leur travail. On les voit manger, se faire belle, prendre le métro, répéter leur scène, tourner et ainsi de suite. Rien n’échappe à la caméra d’Harris. Mais si il est partout, il n’est jamais voyeur et garde la distance nécessaire à l’intime, pour ne pas mettre le curieux mal à l’aise.

Lauréat du meilleur storytelling digital au dernier Idfa DocLab, I love your work a aussi séduit les internautes. Alors que l’auteur opte pour un accès payant et limité (seulement 10 internautes peuvent être connectés en même temps sur la plateforme), le film affiche vite complet les semaines qui suivent sa mise en ligne. Un joli succès pour un format et un sujet peu conventionnels. Alors que le propos d’Harris semble tourner autour de cette tension entre le public et l’intime, l’architecture même de la plateforme va venir renforcer cette dualité.

Jonathan Harris n’en est pas à son coup d’essai et on aime à parler de lui comme « an internet artist». En guise d’introduction sur son site, il définit ses projets comme un questionnement sur nos relations avec les machines et avec les autres.  La plupart des ses travaux (We feel fine, Universe..) se basent sur un processus de data mining. Comme il l’explique lors d’un Tedtalk, il « crée des programmes informatiques qui étudient les traces laissées sur le web, et il en tire des conclusions sur la personne qui les a laissées ; ce qu’elle ressent ou ce qu’elle pense ».

Étudier nos empreintes digitales, voilà ce qui intrigue notre homme. En effet, il est également le cerveau derrière la time capsule de Yahoo, tentative d’anthropologie digitale où pendant  un mois les internautes ont rassemblé des images, des vidéos, des témoignages de ce que fut l’année 2006. Projeté pendant plusieurs jours sur les rochers de Jemez Pueblo aux Etats-Unis, la capsule et son contenu devraient réapparaître en 2020 pour les 25 ans de Yahoo.

Bref je vous conseille vivement d’aller jeter un œil sur ses différents projets et si comme moi, le personnage vous intrigue cet article introspectif devrait finir de vous convaincre de l’importance de son travail.

 Pauline Legrand

 

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