Kashink, le street art au féminin

Kashink, le street art au féminin

Il m’aura fallu traverser l’Atlantique pour découvrir la street-artiste parisienne (et ex-Celsienne #sisterhoodmoment) et ses personnages à la double paire d’yeux qui font de l’œil aux passants, aux quatre coins du monde.
Présentation en bonne et due forme avec Kashink, afin que vous ouvriez l’œil (et le bon) lors de vos errances urbaines.

Life in cartoon motion

Kashink, street-artiste parisienne adepte du graff, officie un peu partout en Europe : Vienne, Londres, Berlin, Barcelone mais aussi outre-Atlantique. Lors du festival Mural à Montréal en juin 2014, Kashink réalise sur le Boulevard Saint Laurent une œuvre gigantesque, certainement l’une des fresques les plus impressionnantes de cette édition.
Créature protéiforme, dont il est difficile de dire si elle est davantage un Homme ou un monstre, elle possède tous les codes d’un Kashink : quatre yeux, un trait cartoonesque, des couleurs pop criardes, et message (plus ou moins) sibyllin. Cette jeune fille/monstre à la perle brandie une petite boule (l’interprétation reste libre) dont la petitesse dénote avec les proportions gigantesques du titan qui clame « Found it ». Un thème repris et décliné dans d’autres peintures, tantôt poétique (« Madame rêve »), tantôt engagé (50 Cakes of gay).
Le caractère esthétique indéniable des graffs de Kashink et les différents niveaux de lecture qui sont offerts en font des objets facilement appropriables par tous et les consacrent comme de véritables œuvres de popculture, ouvrant néanmoins vers une dimension plus politique.

photo 2

Madame Rêve au Point Éphémère, Paris 10ème arrondissement

 

Le street art féministe

Le street art, comme toutes les autres disciplines artistiques, fait la part belle aux hommes qui ont souvent la primeur sur leurs condisciples féminines.
Le street art, et ses représentants superstars (Haring, Basquiat, Bansky,…) véhiculent l’idée d’une culture à dominante masculine. Pourtant des égéries célèbres vont venir dans les années 90, rompre ce monolithisme et utiliser bombe et pochoir pour questionner les représentations féminines. Miss.Tic utilisera ainsi ses personnages pour questionner les attributs et postures féminins, une démarche réflexive similaire à celle de Miss Van et ses poupées /pin-ups stylisées.
Kashink, elle, se place dans la lignée de ces street-artistes et poursuit la réflexion en se jouant des codes traditionnels. Les femmes portent la moustache (tout comme la street artiste qui revendique cette coquetterie au quotidien), les hommes se déclarent leur amour (Kashink est une fervente défenseuse de la cause gay).
L’artiste questionne également ses pratiques, notamment la place des femmes dans la réinvention de l’espace urbain. En témoigne sa participation au Women’s Forum Street Art Project le 17 mars dernier (créé par le Women’s Forum for the Economy and Society et soutenu par Google), un projet qui croit au rôle de l’art dans le mouvement d’émancipation féminine. Succédant à la campagne « She’s the leader », #Sherocksthestreet a consisté en une performance live par Kashink au 93 rue Bobillot, dans le 13ème arrondissement que vous pouvez retrouver dès aujourd’hui à cette adresse.

Une bien belle inspiration.

Si vous souhaitez faire le plein de Kashink, le plus simple c’est de suivre les liens qui suivent ! Et si vous avez, vous aussi, croisé ces drôles de créatures, n’hésitez pas à nous dire où les trouver.

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