Mon premier Museomix

Mon premier Museomix

J’avais lu quelque part que Muséomix c’était «  un sprint créatif et technologique » qui prend la forme d’un « makeathon culturel international qui croise les regards et les talents ». Bref je n’étais pas sûre d’avoir tout compris, mais la promesse était belle, et l’aventure était folle, alors je me suis lancée. Direction le muséum d’histoire naturelle de Nantes pour trois jours de création, de médiation et de communication.

Tout commence le vendredi matin, on fait le tour du musée et on rencontre son équipe, pour moi ce sera l’équipe des Tigruches. L’idée c’est d’être par équipe de 7  avec un expert contenus, un graphiste, un médiateur, un communicant, un développeur, un fabricant et un facilitateur c’est-à-dire une personne de l’organisation qui chapeaute le projet et te rassure quand tu penses que tout est foutu. Ensuite tu choisis ton terrain de jeu, c’est-à-dire la partie du musée, la collection, l’objet que tu vas museomixer. Le but du jeu est alors de proposer un prototype de médiation culturelle qui va permettre aux visiteurs de découvrir ou redécouvrir cet espace ou cette collection autrement.

Le premier jour, on se met d’accord sur l’idée, puis le deuxième jour on fabrique, et enfin le dernier jour, on fait les derniers réglages, on essuie les plâtres et on montre notre invention aux visiteurs. Tous les jours, on se réunit en plénières avec toutes les équipes et les membres de l’organisation et on présente ce que l’on a produit pendant la journée. Grâce au robot Beam, on peut aussi aller faire coucou /peur aux museomixeurs des autres villes (Arles, Saint-Étienne, Lille, Genève, Montréal et Derby.) Et ça c’est plutôt rigolo.

Deuxième plénière : rencontre avec les équipes de Montréal

Deuxième plénière : rencontre avec les équipes de Montréal

 

Le plus dur, c’est d’arriver à se mettre d’accord sur une idée, un concept. Au début, l’un d’entre nous a proposé de s’intéresser aux oiseaux. Ils avaient l’air bien sage derrière leurs vitres, mais on voyait très bien qu’ils s’ennuyaient un peu. Puis quelqu’un d’autre s’est pris de passion pour la collection de bois de la xylothèque dans l’escalier du musée. A quoi pouvaient bien ressembler ces arbres, qui avaient-ils été ? Où avaient-ils vécu ? Pouvait-on les étirer, les forcer à se découvrir ? Puis on s’est dit qu’on n’était pas obligé de choisir entre les deux, qu’on pouvait très bien faire quelque chose sur les oiseaux et les arbres, ou plutôt les oiseaux sur les arbres. On en a longuement discuté, on a retourné le problème dans tous les sens, on a oublié où on avait vu un lien entre les deux, puis on en a eu marre, il fallait trouver vite une idée, le temps filait, et on avait toujours rien. Finalement on est revenu à nos premiers amours, les oiseaux. On allait jouer au cadavre exquis et les découper en petits morceaux. C’est plus ou moins comme ça qu’est né Oiseaux Mix, notre prototype. Après on s’est mis au travail.

Nos petits oiseaux

Nos petits oiseaux

Brainstorming

Brainstorming

Création de l’identité visuelle

 

L'assemblage du labo

L’assemblage du labo

 

Notre concept : nous sommes en 2164, et tous les oiseaux exposés dans les vitrines ont disparu de notre planète. Réchauffement climatique tout ça, tout ça. Heureusement, le Muséum de Nantes avait prévu le coup et a conservé des échantillons d’ADN de ses plus belles espèces. Le visiteur devient alors un scientifique chargé de collecter ces échantillons afin de recréer de nouveaux spécimens et repeupler le ciel, la terre, et la mer.

En gros, on a proposé aux visiteurs de se balader dans la galerie des oiseaux et de récolter trois cartes représentant la tête, le plumage ou les pattes de cinq oiseaux exposés dans les vitrines. On dépose ces trois cartes dans notre labo et c’est un oiseau du futur, un oiseau hybride, mutant, qui va apparaître sur l’écran en face. Pour chaque partie du corps choisie, on a le droit à une anecdote scientifique : ce type de bec sert à pécher le maquereau, cette forme de pattes est idéale pour la randonnée, ou encore ce genre de plumage résiste à l’eau. Une fois, le nouvel oiseau créé, on peut accéder à une fiche technique fictionnelle avec une petite histoire sur notre nouvel ami. Puis l’idée c’est qu’ensuite, on puisse l’enregistrer dans une galerie virtuelle qui serait en quelque sorte un muséum du futur.

Tu choisis une carte avec le bec, les plumes ou les pattes d'un oiseau

Tu choisis une carte avec le bec, les plumes ou les pattes d’un oiseau

 

Tu mets tes cartes dans le labo magique

Tu mets tes cartes dans le labo magique

 

Et Boom ça fait un nouvel oiseau

 

Les autres projets étaient dingues aussi :

Dans tous ces projets, ce que l’on retiendra c’est que l’utilisation des outils numériques reste au service de l’expérience utilisateur. Il y a une réelle envie de créer une expérience de visite enrichie par les nouvelles technologies. On remarque aussi que chaque équipe a fait le choix de raconter une histoire, de créer une narration afin de guider le visiteur et lui donner envie de commencer la visite.

Museomix est un vrai processus collaboratif et une célébration de la bidouille et du bricolage. Dans un contexte mêlant professionnels et amateurs, chacun a envie de se dépasser et de proposer un prototype qui tient la route. On découvre de nouveaux outils, de nouvelles façons de travailler et on apprend à parler le langage du développeur, qui reste un peu le magicien du groupe. Il n’y a pas de compétition entre les groupes, ce qui rend l’expérience plus ludique et les participants plus sereins.

Pour plus d’info, on peut voir tous les prototypes sur le site Museomix et il y a aussi une petite revue de presse ici.

Bref c’était top ! A refaire. A Nantes, ou ailleurs !

Pauline Legrand

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Comments

  • Raphaël Schillaci Raphaël Schillaci novembre 19, at 23:57

    Super résumé ! Pour ma part c'est bien comme ça que j'ai vécu ces trois jours. Intenses , bouillonnants, crevants , mais tellement bons ! @l'annee prochaine peut être ! Raphaël ( Homo Sapiens )

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    • paulinealicejustine paulinealicejustine décembre 01, at 09:28

      MERCI ! Oui je tenterais bien une autre ville et/ou un autre rôle l'année prochaine. On verra ! A bientôt :) Pauline

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