Rencontre avec FKDL, le maître du collage

Rencontre avec FKDL, le maître du collage

Nous avons rencontré FKDL, aka Franck Duval, street artist qui exporte son travail des rues de New-York à celles de Paris, ou plus récemment sur les célèbres murs de Wynwood, à Miami, à l’occasion de la dernière édition de l’Art Basel, un évènement qui attire chaque année les plus grands talents de l’art contemporain.

Écologie, réception des oeuvres, engagement politique… l’artiste nous a ouvert les portes de son atelier et a répondu à toutes les questions qu’on se posait.

FKDL, street artist engagé

FKDL déclare ne pas faire d’œuvres politiques. Mais il n’en demeure pas moins un artiste engagé, auprès d’Autisme sans frontières, de la Croix Rouge, ou de plusieurs ONG à Madagascar notamment.

On retrouve d’ailleurs son engagement écologique dans l’opération « Le climat au pied du mur » mise en place par l’association humanitaire Care France dans le cadre de la COP 21, qui se tenait fin 2015 à Paris. Stoul, une des 5 artistes mobilisée par l’ONG aux côtés d’autres artistes urbains (Da Cruz, Doudou style, Koralie) a sollicité en premier la participation de FKDL à ce vaste projet pour Care France afin de sensibiliser le grand public aux enjeux de la COP 21. Le concept était simple : offrir un espace d’expression aux artistes, dans Paris, pour évoquer les problématiques de la crise environnementale à laquelle nous faisons face.

©FKDL

©FKDL

FKDL se voit attribuer un spot aux abords du canal St Martin, tout près du Point Ephémère. Il choisit alors d’aborder le thème de l’eau, une matière qui l’intéresse particulièrement, au même titre que le papier, les arbres. Des matériaux qui parlent particulièrement à FKDL qui pratique le collage depuis plusieurs années. Une démarche éco-artistique si l’on en croit l’artiste : « depuis que je suis entré dans le monde du street art, j’utilise comme support du papier recyclé, ou des chutes de nappes, que j’accumule depuis 20 ans ». « Je mets en avant des notions d’échange et de partage, qui sont les principes de la rue, mais aussi du recyclage » et ajoute « je fais la guerre à mes copains graffeurs qui utilisent des bombes aérosols ». Une véritable plaie pour l’environnement en raison des composants, des gaz en suspension générés et du fait qu’aucun moyen n’ai été trouvé – jusqu’ici- pour les recycler efficacement…

Le street artist, honnête, avoue tout de même utiliser de la peinture acrylique et n’avoir pas encore trouvé la recette de la peinture écologique (malgré quelques tentatives malheureuses) qui révolutionnerait le milieu…

Engagé aussi parce que chaque fois qu’une vente caritative est organisée, FKDL s’efforce de mobiliser d’autres artistes autour du projet. Le street art ayant la cote, ses artistes sont de plus en plus sollicités pour participer à des opérations. Malheureusement des porteurs de projets qui ne connaissent rien à la discipline, comme le déplore FKDL, sont parfois à l’origine de collectifs aux talents inégaux. Un amateurisme qui fait parfois autant de mal à la discipline qu’à la cause défendue…

Des galeries à la rue

« J’ai commencé l’art urbain sur le tard » déclare FKDL, qui s’attaque aux murs parisiens dès 2006. Contrairement à la trajectoire actuel du street art qui tend à quitter la rue au profit musée, FKDL a effectué le chemin inverse, commençant par la peinture sur toile avant de se lancer dans le collage. Il commence à exposer en galerie en 1992, avant de s’intéresser au collage quelques années plus tard, en développant notamment une technique personnelle de collage au scotch.

Acteur en parallèle, une rupture de ligaments sur un tournage l’éloigne des plateaux. Il consacre alors l’année que dure sa rééducation au collage, en peaufinant sa technique.

Après plusieurs années de pratique, il convainc la Halle Saint Pierre de consacrer une exposition rétrospective à sa technique de collage au scotch. Il participe ensuite à plusieurs expositions collectives auprès d’autres artistes plasticiens. Depuis, il alterne entre installations, collages de rue, et toiles.

Face au sort, parfois ingrat, réservé aux oeuvres de street art, l’homme est plutôt fairplay : « J’adore voir l’effet du temps sur les œuvres. Les gens qui gribouillent dessus, qui arrachent des morceaux… on peut réaliser une œuvre et revenir trois jours après pour découvrir qu’elle a été recouverte : c’est le jeu ». L’artiste travaille de jour, et se fait rarement inquiéter. Les forces de l’ordre, il les rencontre parfois, mais n’est pas « du genre à se sauver ».

De toute façon, le principe même du collage induit que le mur choisi pour accueillir l’œuvre ne connaît aucun dommage, alors de quoi pourraient-ils se plaindre ?

FKDL

©FKDL

Ses œuvres, réalisées à partir de vieilles coupures de journaux, jouant avec des applats de couleurs vives et des jeux typographiques, sont visibles dans les rues de Paris, au gré des sessions de collage de l’artiste. Vous aurez alors peut-être une chance de croiser Miss Jones, la figure féminine emblématique du travail l’artiste, qu’il représente depuis plusieurs années.

Pour les apercevoir, tenez-vous à l’affût : l’artiste informe de son actualité sur sa page Facebook, son Instagram ou son site internet.

 

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